Cicuta maculata Linnaeus

Remarque Les mots ou termes en rouge (en fait en orange foncé) sont définis dans un glossaire.


aug_01_02f.gthmb can't be loaded. La Cicuta maculata est une plante de grande taille, atteignant jusqu'à 9 pieds de hauteur; elle est bisannuelle ou pérenne de courte durée de vie; la tige porte des embranchements, tige qui est creuse sauf aux nœuds; la tige a fréquemment des lignes ou des taches de couleur pourpre. Les racines, partiellement tubéreuses portent de 2 à 8 tubercules oblongs, lesquels ont de 1.5 à 3 pouces de long et à peu près 1/2 pouce d'épaisseur, ces tubercules sentent assez bon, mais sont mortels si consommés ! Ils sont constitués de chambres creuses, contenant un liquide jaune, lequel est un poison mortel. Les tiges coupée exsudent le même liquide, jaune, huileux. Les tiges et les feuilles sont un peu moins toxiques que les racines. La plante se reproduit tant par ses tubercules que par ses graines. La Cicuta maculata est une plante indigène de l'Amérique du Nord.

Les botanistes divisent l'espèce en quatre variétés :

et seule la variété bolanderi ne se trouve pas au Québec. Quant à la variété victorinii, elle est endémique de la zone intertidale de l'estuaire du Saint-Laurent.

La Cicuta maculata appartient à la famille des Apiaceae.

Nom

En Latin, c'est d'abord Pline l'Ancien qui fait référence au mot Cicuta. Pline l'Ancien (en latin Caius Plinius Secundus) est un important écrivain et naturaliste romain, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle, en 37 volumes. Il naquit en 23 après J.-C. à Novum Comum (l'actuelle Côme) dans le nord de l'Italie et mourut en 79 à Stabies (Stabia en latin), près de Pompéi, lors de l'éruption du Vésuve. Dans son Histoire naturelle Pline a compilé le savoir de son époque sur des sujets aussi variés que les sciences naturelles, l'astronomie, l'anthropologie, la psychologie ou la métallurgie. Un paragraphe de son œuvre (XXV, 151) décrit ainsi la Cicuta :

Cicuta quoque venenum est, publica Atheniensium poena invisa, ad multa tamen usus non omittendi. semen habet noxium; caulis autem et viridis estur a plerisque et in patinis. levis hic et geniculatus ut calami, nigricans, altior saepe binis cubitis, in cacuminibus ramosus, folia coriandri teneriora, gravia odoratu, semen aneso crassius, radix concava, nullius usus. Semini et foliis refrigeratoria vis; sic et necat: incipiunt algere ab extremitatibus corporis.

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ce qui se traduit par :

La ciguë aussi est un poison, odieuse par l'usage qu'on en faisait à Athènes pour le supplice des condamnés, mais ayant cependant divers emplois qu'il ne faut pas omettre. La graine est malfaisante, mais la tige se mange très fréquemment crue et cuite : elle est lisse, articulée comme les roseaux, noirâtre, haute souvent de deux coudées, et rameuse au sommet. Les feuilles sont celles de la coriandre, mais plus molles et d'une odeur plus forte. La graine est plus grosse que l'anis; la racine, creuse, n'est d'aucun usage. La graine et les feuilles ont des propriétés réfrigérantes. Ceux que la ciguë fait mourir commencent à se glacer par les extrémités du corps.

bien que je ne sois pas du tout certain que les tiges de Cicuta puissent se manger très fréquemment crue et cuite impunément !

Marcus Porcius Cato, Caton l'Ancien, (234 av. J.-C. - 149 av. J.-C.) dans son De Agricultura, où il énonce les règles à respecter pour la bonne marche d'un domaine agricole, fait également référence à la Cicuta.

Par contre le nom scientifique de la ciguë est Conium maculatum et vient du mot de Grec classique χωνειον (khôneion) ce qui en Latin a donné Conium, tel qu'y fait référence Saint Ambrose (340-397), évêque de Milan de 374 à 397, l'un des Pères de l'Église latine. Il fait référence au khôneion dans son Hexaemeron (des commentaires sur le Vieux Testament).

De sorte qu'il y eut une certaine confusion en choississant le bon non de genre pour la Cicuta maculata et le Conium maculatum en référence aux sources classiques; mais les botanistes ont également droit à l'erreur,... et comme il s'agit de deux plantes très toxiques...

En Latin, macula signifie tache maculatus est le participe passé du verbe maculare qui signifie tacher, souiller; l'épithète fait référence aux taches, marbrures brunes de la Cicuta maculata.

Noms communs

Deux des noms vernaculaires de la Cicuta maculata sont Cicutaire maculée et Carotte à Moreau. Ses noms vernaculaires anglais sont : Beaver Poison, Children's-bane, Common Water-hemlock, Cowbane, False Parsley, Muskratweed, Musquash root, Musquash-root, Poison Hemlock, Poison Parsnip, Snakeroot, Spotted Cowbane, Spotted Hemlock, Water Hemlock et Spotted Water-hemlock.

Synonymes

La Cicuta maculata a aussi été connue comme :

Identification

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Les traits caractéristiques de la Cicuta maculata sont :

Plusieurs espèces de la famille des Apiaceae ressemblent quelque peu à la Cicuta maculata :

Description

Feuilles

Les veines des folioles se terminent aux encoches des marges, entre les dents, ce qui est très peu fréquent chez les plantes.

Les chenilles du Papilio polyxenes asterias se nourrissent des feuilles malgré leur toxicité. Généralement les mammifères herbivores ne se nourrissent pas des feuilles, quoique les mammifères domestiques en mangent parfois avec de funestes conséquences.

Fleurs

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Le nectar des fleurs attire principalement des insectes aux parties bucales courtes, comme les mouches et les guêpes. Les autres visiteurs des fleurs sont les abeilles à bouche courte, les petits papillons et les scarabés. Des guêpes peu communes visitent ces fleurs, guêpes :

Fruits

Habitat

On trouve la Cicuta maculata dans les lieux humides ou modérément humides, dans les prairies, les prés humides, les bois, les marais et marécages, sur les rives des lacs, des mares et des cours d'eau, dans les fossés le long des routes. La Cicuta maculata préfère des lieux plus humides que le Conium maculatum (une plante introduite) les deux espèces étant rarement en compétition l'une avec l'autre dans la même niche écologique.

Répartition

map_na.jpg can't be loaded. On trouve la Cicuta maculata dans la plupart des provinces canadiennes et dans la plupart des États américains. On la trouve également dans les États mexicains de Chihuahua, de Coahuila, de Nuevo Leon, de Tamaulipas, de Veracruz and de Tabasco. La carte montre les provinces canadiennes et États américains où l'on trouve la plante.

Notes

La Cicuta maculata est la plante la plus toxique que l'on trouve en Amérique du Nord. Tant les êtres humains que le bétail risquent la mort en consommant la plante. La plupart des empoisonnement de bétail on lieu au printemps, car le fourrage est alors peu abondant. Des animaux ont même été empoisonnées en buvant de l'eau contaminée par des plantes froissées. Il est important de s'entourer de précautions lorsque l'on manipule ou arrache ces plantes.

Au printemps, les toxines sont concentrées dans les racines. Cette concentration diminue quand la saison avance, mais les tiges et les feuilles contiennent alors assez de poison pour causer la mort. La moelle entre les nœuds contient une huile de couleur jaune verdâtre qui contient les toxines. Les poisons sont la cicutoxine et la cicutolare, des neurotoxines, alcaloÏdes et résinoïdes très toxiques. La toxicité diminue au fur et à mesure que la saison avance et la toxicité des parties non souterraines peut devenir négligeable lorsqu'elles sont sèches. Les racines par contre sont toujours toxiques, même lorsque sèches.

Le début des symptômes d'empoisonnement chez les êtres humains est souvent si soudain et traumatique que les traitement ne réussissent pas toujours. Les symptômes ressemblent à ceux des autres cas d'empoisonnement : salivation, spasmes musculaires, convulsions violentes. coma, puis décès dû à l'asphyxie. La mort peut survenir entre 15 minutes et 2 à 3 heures après une dose fatale. Lorsqu'ingéré, un morceau de tige de la taille d'un petit pois peu suffire pour causer la mort.

Quant aux animaux, ils manifestent les symptômes nerveux causés par les poisons qui produisent tremblements et convulsions. Cela peut être accompagné d'une bouche écumante et de vomissements; les yeux sont très dilatés, la température est élevée, et la mort survient par défaillance respiratoire.

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La Cicuta maculata a été utilisée par les indigènes d'Amérique du Nord pour sa toxicité, mais également comme médicament !

Les Cherokees s'en servaient dans certaines cérémonies; ils mâchaient les racines et, si le vertige survenait rapidement, la personne allait mourir, sinon, elle vivrait une très longue vie ! Ils mâchaient également les racines quatre jours de suite, afin de devenir stériles pour toujours, ce qui évidemment ce qui arrive pour toujours lorsque vous êtes mort. Ils se servaient d'autre part d'une infusion de racines pour faire tremper les grains de maïs avant de les planter afin de repousser les insectes nuisibles (un insecticide naturel  ?).

Les Crees réduisaient en poudre les racines séchées et s'en servaient comme pommade.

Les Iroquois faisaient un cataplasme de racines écrasées pour soigner les boîteux, les plaies, les coupures. Ils se servaient également de la plante comme désinfectant pour nettoyer le sol afin de prévenir les maladies. Ils se servaient d'une décoction pour soigner les ecchymoses, les entorses, les articulations douloureuses et les fractures. Ils mâchaient les racines pour se suicider (efficace mais douloureux !).

Les Klamaths mélangeaient racines et venin de serpent à sonnette ou foie d'animal décomposé pour empoisonner les pointes de flèche.

Les Ojibwas se servaient des racines dans leur préparation à la chasse afin d'attirer les cerfs assez près d'eux pour pouvoir les tuer avec leurs arcs.

Les Chippewas mélangeaient les graines avec du tabac et fumaient le mélange.

Les Paiutes fabriquaient un cataplasme de racines roties, et l'appliquaient aux enflures, aux rhumatismes des articulations, et pour calmer les douleurs musculaires; ils se servaient d'un cataplasme de racines écrasées contre les morsures de serpent à sonnette.

Les Shoshonis utilisaient une décoction de racines pour laver les yeux douloureux.

Les Séminoles se servaient d'une décoction de racines et de tiges comme bain pour combattre les fortes fièvres.

Galerie

Les photos de cette galerie ont été prises avec l'un des appareils suivants : Minolta DiMAGE 7 Canon PowerShot A530, Canon Xt Rebel, habituellement avec l'objectif EF-S60mm f/2.8 Macro USM, Fujifilm A 610 and EPSON Perfection 2200 (scanner).

Le titre dans la fenêtre est la date à laquelle la photo a été prise, i.e. jan_01_06... signifiera que la photo a été prise le premier janvier, et le 06 est pour la sixième photo prise ce jour. Le mois, jour et numéro peuvent être suffixés d'une lettre qui me sert à identifier le système avec lequel la photo a été prise.

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Plantes

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Feuilles

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Les feuilles ont été scannées à 300 ppp et les dimensions de l'image résultante ont été divisées par 2 (surface divisée par 4), ce qui permet de mesurer les dimensions des feuilles.

Fleurs

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Fruits, graines

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