Arisaema triphyllum (Linnaeus) Schott

Remarque Les mots ou termes en rouge (en fait en orange foncé) sont définis dans un glossaire.


jun_06_03.gthmb can't be loaded. L'Arisaema triphyllum est une plante herbacée pérenne qui pousse sur un corme et qui porte une ou deux feuilles composées. Son inflorescence est quelque peu exotique; elle pousse sur une tige différente de celles des feuilles et atteint la même hauteur que les feuilles. Ses racines atteignent 5 cm de longueur et 3 cm de largeur. C'est une espèce des plus variables, qui croît habituellement à une hauteur allant de 30 à 65 cm; ses fleurs sont sur un spadice entouré et recouvert par un spathe. L'espèce est indigène de l'est de l'Amérique du Nord. Les botanistes reconnaissent trois ou quatre sous-espèces, à savoir : et l'on trouve les trois premières sous-espèces au Québec. Les feuilles de la sous-espèce triphyllum sont glauques en dessous à maturité; son spathe est vert ou vert avec des rayures pourpres; le collet du spathe a entre 4.5 et 9 mm de largeur. Le dessous des feuilles des sous-espèces pusillum et stewardsonii est poli et lustré; le collet du spathe a entre 1 et 3 mm de large. Le tube du spathe de la sous-espèce stewardsonii est cannelé; le spathe est de couleur verte avec des raies blanches ou pourpres. Le spathe de la sous-espèce pusillum n'est pas cannelé ou l'est très peu; il est de couleur verte ou pourpre. Et il existe nombre de formes intermédiaires, incluant de putatifs hybrides entre les sous-espèces de sorte qu'il est parfois difficile d'attribuer une sous-espèce à une plante donnée. De plus, et en addition aux hybrides putatifs ci-dessus, on trouve également des populations de plantes qui sont des hybrides de l'Arisaema triphyllum et de l'Arisaema dracontium.

L'Arisaema triphyllum appartient à la famille des Araceae.

Nom

En Grec classique, αρισ (aris) est une plante à laquelle tant Galien que Pline l'Ancien font référence.

Claude Galien, né à Pergame (Asie Mineure) en 131, est mort en 201 ap. J.-C.; médecin grec de l'Antiquité, il est considéré comme l'un des fondateurs de la médecine et de la pharmacie; il a eu une influence durable sur la médecine juive, chrétienne et musulmane du Moyen Âge. Il fut avant tout un grand enseignant et écrivain qui ne laissa pas moins de 500 ouvrages. Établi à Rome, Il devient le médecin de l'empereur Marc Aurèle puis de l'empereur Commode. L'incendie du Temple de la Paix (192) détruisit l'essentiel de ses manuscrits, et Galien, à plus de 60 ans, tenta de récrire tout ce qu'il avait perdu. Seule une faible partie de son œuvre a traversé les siècles. Il entreprit notamment nombre d'opérations audacieuses, incluant des chirurgies du cerveau et des yeux, opérations qui ne furent plus essayées pour près de deux millénaires. De même que les médecins prêtent le serment d'Hippocrate, le serment de Galien est prêté par les pharmaciens lors de leur soutenance de thèse de Doctorat de troisième cycle.

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Pline l'Ancien (né en 29, mort en 79 de notre ère, lors de l'éruption du Vésuve) cite la plante dans son Naturalis Historia (24,94).

En Grec classique, αιμα (aima) signifie sang. De sorte que le nom du genre fait référence aux feuilles tachetées de rouge de quelques espèces.

En Grec classique, τριασ (trias) est le nombre trois et τρι (tri) est le préfixe standard pour dénoter trois de quelque chose, tout comme en Latin et dans les langues romanes.

Toujours en Grec classique, φυλλον (phyllon) signifie feuille et en Grec classique, τριφυλλον ou τριφυλλοσ (triphyllon ou triphyllos) signifie avec trois feuilles mais c'est également le nom du trèfle (dont la feuille a trois folioles).

L'épithète fait donc référence aux folioles des feuilles de l'Arisaema triphyllum.

Noms communs

L'Arisaema triphyllum est connu sous les noms vernaculaires de Petit-prêcheur, Arisème petit-prêcheur et Ariséma triphylle. En Anglais il est connu comme Jack in the pulpit, Jack-in-the-pulpit, Indian jack in the pulpit, Indian-turnip, Indian Almond, Bog-onion, Brown-dragon, Pepper Turnip, Marsh Pepper, Priest's Pentle, Wood Pulpit, Little Pulpit, Cuckoo Flower, Memory Root, Devil's Ear, Wake-robin et Starchwort.

Synonymes

L'Arisaema triphyllum a aussi été connu comme :

Identification

L'Arisaema triphyllum est des plus facile à identifier grâce à ses feuilles à trois folioles et à son spadice de fleurs protégé par un spathe recourbé. On ne peut le confondre avec aucune autre plante, ni avec l'Arisaema dracontium, l'autre espèce du genre Arisaema que l'on trouve au Québec, car le spadice de ce dernier est très allongé, son apex dépassant son spathe; de plus les feuilles de l'Arisaema dracontium ont plusieurs folioles, et non trois comme celles de l'Arisaema triphyllum.

Description

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Feuilles

Fleurs

Dans les plantes plus petites (et plus jeunes) la plupart du temps la plupart des fleurs sont mâles (si ce n'est toutes les fleurs); avec le temps, la taille de la plante augmente et le spadice produit plus de fleurs femelles.

Fruits

La reproduction végétative est plus commune que la reproduction par les graines.

Habitat

L'Arisaema triphyllum préfère les sols légers (sablonneux) et moyennement argileux; il a également besoin d'un sol bien drainé mais humide. On le trouve plutôt à l'ombre forte ou partielle. On le trouve souvent dans les bois humides, érablières, etc.

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Répartition

On trouve l'Arisaema triphyllum depuis la Nouvelle-Écosse, jusqu'au Minnesota en allant vers l'ouest, et jusqu'à la Floride en allant vers le sud. La carte de droite montre la répartition de l'espèce en Amérique du Nord. Les provinces canadiennes et les États américains en vert sont ceux où l'on peut trouver la plante.

Les petites cartes montrent la répartition nord-américaine de chaque sous-espèce (pour celles que l'on trouve au Québec) La carte de gauche est pour l'Arisaema triphyllum subsp. pusillum; la carte du centre montre la répartition d'Arisaema triphyllum subsp. stewardsonii et celle de droite montre la répartition d'Arisaema triphyllum subsp. triphyllum. Les provinces canadiennes et les États américains en bleu clair sont ceux où l'on peut trouver chaque sous-espèce appartenant aux trois sous-espèces que l'on trouve au Québec.

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pusillum stewardsonii triphyllum

Notes

La capacité de l'Arisaema triphyllum à changer de sexe a fasciné les botanistes pendant des années. La plante est assez spéciale parmi les organismes qui changent de sexe, car elle peut changer et sa taille et son sexe dans l'une ou l'autre direction d'une saison à l'autre. Habituellement, lors des premières années de sa vie, la plante ne porte pas de fleurs. Plus tard, lorsque la taille de la plante augmente elle produit des fleurs mâles, et quand elle atteint une plus grande taille elle produit des fleurs femelles. Cette stratégie permet à la plante d'augmenter sa capacité de reproduction (i.e. le nombre total de sa progéniture). Les graines de l'Arisaema triphyllum sont de bonne taille et requièrent beaucoup d'énergie pour leur production. À l'opposé, la production de pollen requiert beaucoup moins d'énergie. En étant mâles, lorsque de petite taille, cela transfère aux individus de plus forte taille, disposant de plus d'énergie, la production de fleurs femelles et de graines. Sans cela, les individus en condition difficile, (parce que des insectes ou animaux herbivores s'en nourrisent, à cause d'une sécheresse, etc.) devraient renoncer à se reproduire pour une année, voire plus. En fait, l'état sexuel est relativement instable; il change facilement à cause de fluctuations dans l'environnement ou par mutilation de parties végétales de la plante. L'Arisaema triphyllum peut changer de plante femelle de grande taille à une plante mâle de taille plus petite, la saison suivante, ou vice-versa; il arrive même que certaines plantes deviennent asexuées, après avoir été mâle ou femelle.

La plante contient des cristaux d'oxalate de calcium (raphides) dans toutes ses parties; en conséquence, mâcher crue n'importe quelle partie de la plante produit une forte sensation de brûlure, et cela peut causer une irritation dans la bouche et dans les système digestif; en certains cas, l'enflure de la bouche et de la gorge peut être assez sévère pour affecter la respiration.

Les tribus indiennes d'Amérique du Nord utilisaient l'Arisaema triphyllum médicalement pour un grand nombre de maladies; pour certaines tribus, c'était presque une panacée. Les Cherokees faisaient un cataplasme de racines pour soigner le mal de tête et diverses maladies de la peau. Ils se servaient également de la plante comme carminatif, ou pour soigner les rhumes, ou contre les toux sèches. Ils mélangeaient racines broyées et farine dans un cataplasme et l'appliquait aux furoncles. Ils se servaient également de la plante comme expectorant, comme stimulant, comme remède contre la tuberculose; ils prenaient une infusion de la plante contre les irritations de la gorge.

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Les Iroquois se servaient de l'Arisaema triphyllum comme analgésique contre le mal de tête. Ils faisaient une décoction de plantes et la donnaient aux enfants contre la diarrhée. Il se servaient également de la plante comme aide dermatologique pour soigner les irritations au visage et comme cataplasme chaud contre les ecchymoses. La vapeur d'une décoction de plantes permettait de soigner les yeux endoloris. Une infusion de plantes (avec d'autres plantes) servait pour soigner les crampes. Un mélange de plantes réduites en poudre et d'alcool était utilisé comme pommade pour les articulations endolories. On faisait prendre un bain d'une infusion de racines aux bébés apathiques. Et les Iroquois se servaient un mélange de racines hachées et de whisky contre les bronchites (ce qui n'était pas une mauvaise idée !) Les plantes moulues étaient utilisées en médecine vétérinaire, additionnées à la nourriture des juments pour provoquer leur grossesse. Quant aux femmes iroquoises, elles se servaient des rhizomes comme contraceptif, pour s'assurer d'une stérilité temporaire.

Les Malecites faisaient un cataplasme de plantes sèches pilées pour soigner les abcès et les furoncles. Les Ménominees se servaient d'un cataplasme de poudre de racines pour soigner les yeux irrités et pour contrebalancer les sorts lancés par les sorciers !

Les Meskwakis se servaient des graines dans leur médecine cérémonielle ou dans leurs diagnostics magiques, pour prédire la guérison ou la mort; ils cuisaient avec de la viande les racines hachées, laissaient ces repas dans leur marmite, pour que leurs ennemis s'en gavent, ce qui les rendait malades et pouvait les faire mourir. Ils se servaient aussi des racines contre les morsures de serpent à sonnette, et, en petites doses, contre l'insomnie.

Les Micmacs se servaient de la plante contre les furoncles et les abcès et comme pommade à usage externe. Les Mohegans faisaient une infusion de racines séchées puis s'en servaient pour frotter les parties endolories. Une infusion de racines, toxique, si avalée, servait de gargarisme contre les maux de gorge. Les Ojibwas se servaient des racines pour soigner les yeux endoloris.

Les Pawnees écrasaient le corme et en soupoudraient la tête et les tempes contre les maux de tête et autres douleurs; ils se servaient d'un cataplasme de corme en poudre contre les rhumatismes; ils mettaient des graines dans les gourdes de calebasse pour en faire des hochets. Les Rappahannock appliquaient un cataplasme de racines séchées aux enflures et aux furoncles. Les Chippewas lavaient leurs yeux endoloris avec une décoction de racines. (Et rien ne prouve qu'aucune de ces prescriptions médicales ait jamais fonctionné autrement que comme placébo !).

Si on laisse sécher la plante et si on la fait cuire à fond, elle peut servir de légume. On peut également couper les racines en tranches très minces, les laisser sécher plusieurs mois, et le déguster ensuite comme des chips, L'amidon obtenu à partir des racines peut être utilisé pour amidonner les vêtements.

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L'Arisaema triphyllum est une plante charmante qu'il est agréable de retrouver dans un jardin boisé. Les graines doivent être stratifiées avant d'être semées. Les plantes ont besoin de quelques années avant de commencer à fleurir. Les plantes sont faciles à déterrer puis transplanter en automne, lorsque la plante est complètement flétrie, et réduite à son corme.

Galerie

Les photos de cette galerie ont été prises avec l'un des appareils suivants : Minolta DiMAGE 7, Canon PowerShot A530, Canon Xt Rebel, habituellement avec l'objectif EF-S60mm f/2.8 Macro USM, Fujifilm A 610 and EPSON Perfection 2200 (scanner).

Le titre dans la fenêtre est la date à laquelle la photo a été prise, i.e. jan_01_06... signifiera que la photo a été prise le premier janvier, et le 06 est pour la sixième photo prise ce jour. Le mois, jour et numéro peuvent être suffixés d'une lettre qui me sert à identifier le système avec lequel la photo a été prise.

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Plantes

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Fleurs, spathe

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Fruits

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